Dualité et consentement

Mis à jour : 12 avr. 2018

Je voudrais aborder deux notions essentielles avant de poursuivre, pour vous exposer ma vision.

La dualité et choc en retour

La nature est duelle. Pas de chaud sans froid, pas de lumière sans ombre. Pour cette raison, je ne crois au principe manichéen de magie blanche et noire. Anton Szandor LaVey, le créateur de la bible satanique, disait : "Il n'existe qu'une seule magie mais plusieurs manières de s'en servir : ainsi, certains s'en serviront pour punir et d'autres pour guérir". Si je ne me reconnait pas du tout dans son écrit, je dois admettre que je suis d'accord sur ce point (il faut aussi savoir quand quelqu'un qui n'a pas du tout les mêmes opinions que vous dit quelque chose qui vous parle). Cela rejoint aussi le principe de polarité du Kybalion.

De cette opinion découle mon opinion du choc en retour, loi selon laquelle toute action entraîne une réaction et que tout ce que l'on fera nous reviendra par 3 fois. D'une part, si le jugement de nos actes est personnel (quid de la vérité), l'on peut donc penser que ce retour sera conforme au jugement de notre conscience. Si en pleine conscience je sais que ce que je fais est mal, pourquoi le ferais-je ?

D'autre part, la "punition" pour mauvaise action est une réminiscence des idées religieuses patriarcales et la notion de pêché est basée sur la peur que le divin n'est pas présent dans notre monde physique en permanence. Or je pense que le divin est partout, en moi, en vous, dans le monde. Le choc en retour ne serait donc qu'une punition que je m'inflige moi-même pour ne pas avoir été en accord avec mes principes.

Les amérindiens et les bouddhistes disent "vivre en bonne relation est naturel" et nous n'avons pas besoin de règles pour savoir ce qui est bon ou mauvais au fond de nous. On ne peut contrôler que soi-même et c'est à chacun de décider ce qui est bon ou mauvais pour définir ce que nous sommes. La magie ne manipule ni ne contrôle l'univers, c'est une oeuvre de communion, de co-création.

Le consentement

C'est un sujet TRES sensible parmi les mages et sorcières. J'ai été bannie d'un forum pour avoir oser essayer de débattre sur la notion de consentement ! La plupart du temps, il est dit de manière très claire que si vous pratiquez un rituel, une divination ou quoi que ce soit qui implique une autre personne (même indirectement) et qu'elle n'est pas informée de ce que vous faites et comment vous le faites, vous faites quelque chose d'horrible, de mal, de pas bien (manichéisme quand tu nous tiens). Mon problème avec ce discourt, c'est que je n'aime pas les déclarations non expliquées et que je demande toujours pourquoi. Or il y a rarement l'explication éclairée qui va avec. Comment devrait-on faire si l'on veux aider une personne malade inconsciente ? Ou si la personne ne connait rien à la magie ?

Comme je le disais plus haut, on ne contrôle que soi-même. Mais nous faisons partie d'un tout et nos actes ont une portée sur cet ensemble, et donc les membres de cet ensemble (d'où l'efficacité de la magie et des arts divinatoires). Il est donc logique de dire que, si une personne est touchée négativement par nos actes, elle influera négativement sur l'ensemble et donc sur nous même. D'où le "retour boomerang maléfique" annoncé. La question est donc : lorsque j'agis bénéfiquement en conscience, suis je certaine que cela est bénéfique pour autrui ? Et la seule réponse que nous puissions donner est non.

C'est encore et toujours cette histoire de vérité ! Prenons un exemple plus terre à terre : vous savez, ce cadeau qui vient du coeur, offert avec fierté et bienveillance, mais qui ne vous plait pas du tout ? Bah voilà. Il suffit de garder cela à l'esprit. On peut faire tout les cadeaux du monde, mais il ne faut jamais rien imposer car sinon on ôte son libre arbitre à la dite personne, sa liberté. Mais qu'est ce que la liberté dans ce cas ? Qu'est ce que la liberté tout court ?!


Vaste débat...

Je pense que la liberté individuelle est un équilibre de deux choses :

  • La spontanéité, le pouvoir de faire ce que l'on veux sans être influencé par qui ou quoi que ce soit. C'est le libre arbitre, les actes de création pure.

  • La conscience du monde, de notre environnement, et la sagesse d'obéir à notre raison pour vivre en harmonie avec les autres.

Face à des choses restreignant notre liberté, on peux donc agir de deux manières : en brisant cette restriction (spontanéité) ou en la contournant (sagesse). Les stoïciens recommandent de savoir distinguer les obstacles infranchissables des autres afin de concentrer nos coups de marteaux sur ces derniers. En clair : la liberté est un combat intérieur où il vaut mieux savoir choisir ces batailles pour ne pas s'y épuiser !


Revenons à nos moutons, ou plutôt au cadeau que je souhaite faire à cette personne qui n'en veut peut être pas. Imposer mon cadeau, c'est imposer mon choix entre spontanéité et sagesse à la personne, c'est lui ôter le choix de sa bataille. Donc non seulement elle risque de mener un combat qu'elle n'a pas choisi, pour lequel elle n'est pas préparée, ou pour lequel elle n'a pas les armes, mais en plus ce sera forcément un combat non constructif vu que ce ne sera pas le siens, donc ni une création pure ni un chemin de sagesse personnelle. Voilà pourquoi, si vous souhaitez le bien-être intérieur et l'éveil de la personne, il ne faut pas imposer sa volonté sans lui laisser le choix.

Si vous souhaitez aider une personne, il est impératif de méditer longuement sur la formulation de votre voeux et la manière dont vous aller le faire, ce qui peut paraître simple mais qui est en réalité très compliqué :

  • Est ce un voeux totalement positif (sans négation, sans contrepartie) ?

  • Suis-je totalement désintéressé ou est ce mon égo qui parle ? (vouloir contrôler l'autre, agir sans écouter l'autre, agir par victimisation ou vampirisme, vouloir se faire aimer au lieu de s'aimer soi-même...).

  • Est ce que ma démarche est une proposition, un cadeau, ou quelque chose que j'impose à l'autre ? Par exemple, on ne dira pas "je veux que mon ami guérisse" car vous imposez votre choix. Vous pouvez dire "je souhaite que la guérison soit offerte à mon ami et que celui-ci en dispose comme il le souhaite".

Et faites attention, en général on reçoit ce qu'on a demandé ! Ca peut faire sourire, mais je vous jure que la plupart du temps au début, on se fait avoir...